Lundi 21 janvier 2019

Ecologie et libéralisme économique

L'accord de Paris, adopté par consensus en décembre 2015, a été signé par 196 pays. Son but est de maintenir le réchauffement climatique - par rapport à la température de l’ère préindustrielle - sous la barre des 2°C. Depuis, le rapport du GIEC de 2018 (IPCC 2018) a estimé que cette cible était sûrement insuffisante et que 1,5°C semblait un objectif plus raisonnable pour éviter un emballement du système. Pour atteindre ces cibles, il faudrait une diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre: une diminution de 50% avant 2030 et des émissions nettes nulles à partir de 2050. Ce n'est pas le chemin que nous prenons avec une augmentation des émissions de 2,7% en 2018 (Le Quéré et al. 2018) par rapport à l'année précédente (après une augmentation de 1,6% en 2017 (Figueres et al. 2018)). Et le réchauffement climatique n'est que l'une des nombreuses tensions que la présence et les actions humaines créent pour l'environnement et l'humanité (présente ou future) elle-même. La pollution des airs, des sols et des eaux, la dégradation de la biodiversité, la surexploitation de nombreuses ressources naturelles ne sont que quelques autres exemples de ces tensions. La vision - peut-être trop pessimiste, nous verrons - qui tend à s'imposer est de penser que, pour le moins, la possibilité d'une survie harmonieuse, d'un progrès sans crise écologique à plus ou moins long terme s'éloigne petit à petit pour l'humanité.

Si désormais le constat de l'impact de l'activité humaine sur l'environnement est (presque) universellement reconnu, il y a en revanche dissensus sur la nature des solutions à apporter à la crise écologique présente. Celles-ci peuvent être classées en trois ordres. Pour les énoncer, commençons par un tout petit peu de calcul. La pollution anthropique, au niveau mondiale et en moyenne, est la multiplication de trois facteurs: la population, la production par individu et la pollution par unité de production1. Ainsi, pour diminuer la pollution due aux activités humaines, il faut nécessairement diminuer un ou plusieurs de ces facteurs sans trop augmenter les autres. En premier lieu, on peut donc vouloir diminuer la population2. Cette vision est philosophiquement liée à la notion "d'écologie profonde" énoncée en 1973 sous la plume de Arne Næss (Naess 1973). Récemment en France, c'est Yves Cochet qui s'en est fait l'avocat. De manière alternative - bien que souvent, dans les faits, difficilement séparable de la première solution -, on peut vouloir diminuer la production par individu ou, dit autrement, favoriser la décroissance économique. Cette tradition a été lancée, elle aussi, dans les années 1970 avec le célèbre rapport Meadows commandité par le Club de Rome et censé expliquer l'impossibilité d'une croissance strictement positive dans un monde aux ressources finies. Paul Ariès et Serge Latouche sont les théoriciens actuels les plus importants de cette philosophie. La troisième solution, celle d'une diminution de la pollution par l'amélioration de ce qu'on appellera l'efficacité (en termes de pollution) énergétique est actuellement la seule ouvertement défendue par les acteurs publics, ceux qui prennent finalement des décisions qui engagent les populations. Et c'est la seule actuellement politiquement acceptable. Deux traditions assument cette vision. La première est la plus acceptée. C'est celle d'un interventionnisme des Etats qui pourraient et devraient corriger les imperfections de marché ou modifier les comportements. Cette vision qui, si on voulait vraiment la mettre en oeuvre, supposerait des accords internationaux contraignants et une politique interventionniste assumée et populaire - par la taxation ou l'interdiction - est de plus en plus remise en question et rencontre des réticences politiques très fortes. La seconde tradition est libérale et défend l'idée que les contraintes nouvelles, comme la contrainte écologique, peuvent être avalées grâce aux mécanismes du marché. Intervenir dans l'économie, c'est alors empêcher que les mécanismes naturels de régulation de l'économie de marché ne corrigent les dérives. Ces dernières idées ont été très clairement exposées, par exemple, dans un article récent de Laurent Alexandre. Dans la suite du présent texte, nous critiquerons le modèle et les hypothèses qui sous-tendent cette dernière philosophie.

Rareté, prix, innovations et externalités

L'argument théorique avancé par les libéraux contre la prise en compte de l'écologie par d'autres institutions que les acteurs du marché est le suivant. De manière abstraite, quand un problème se pose, il y a alors une demande pour le résoudre. Cette demande crée une offre par l'existence d'une possibilité d'enrichissement. La recherche de profit d'un investisseur, mû par son égoïsme, viendra alors résoudre ce problème. Par exemple, c'est ainsi que quand une matière première vient à manquer, le prix de celle-ci augmente, cela fait donc naître des opportunités commerciales pour créer des substituts à cette matière première ou créer des usages qui permettent de se passer, totalement ou en partie, d'elle. Ce raisonnement d'une "main invisible" qui guide les comportements individuels vers la résolution de problèmes sociaux est théoriquement valide dans ce cas et a le grand mérite de prendre en compte une dimension dynamique souvent oubliée par les autres traditions écologistes. Mais il peut présenter des lacunes internes dans certains contextes. C'est le cas quand il s'agit de pollution atmosphérique par exemple.

La pollution atmosphérique est une externalité. Une externalité existe quand un acteur économique subit (ou profite de) une partie des conséquences d'une décision prise par un acteur autre que lui-même. Ainsi, quand un individu doit respirer les particules fines émises par la voiture que son voisin a décidée de sortir du garage, il y a une externalité. Quand un individu (peut-être même pas encore né) doit subir une vie plus difficile parce que la température a augmenté suite aux décisions des générations précédentes, il y a aussi une externalité. Tout le problème théorique, c'est qu'un marché, laissé à lui même, ne fonctionne pas efficacement quand il y a des externalités. C'est la raison pour laquelle, par exemple, les pots catalytiques sont obligatoires pour les véhicules qui produisent de graves nuisances gazeuses. Si le choix d'équiper son véhicule d'un pot catalytique était laissé libre, chaque automobiliste, dans son coin, n'aurait aucun intérêt à en installer un. En effet, l'individu ne considère que son impact marginal et il ne subit que très peu les inconvénients des particules fines qu'il émet lui-même dans l'atmosphère. Bien sûr, chacun préfèrerait que tout le monde ait un pot catalytique. Mais cette coordination ne peut pas se mettre en place si chacun se pose la question d'acheter un pot catalytique pour son seul bien-être individuel. Dans cet exemple, il faut donc une contrainte ou un mécanisme d'incitation financière (subvention à l'installation, amende en cas de non-installation, permis payant de non-installation ou autre...) pour diriger les acteurs économiques vers une coordination efficace. Notez que sans ces mesures, la demande pour les pots catalytiques serait nulle et ils ne seraient peut-être donc toujours pas inventés. Cet exemple illustre que, quand il existe une externalité, le fonctionnement des marchés n'est théoriquement pas efficace et n'implique pas, seul, l'innovation et la résolution des problèmes sociaux. Or si il est vrai qu'une partie des problèmes écologiques auxquels nous faisons face ne sont pas des problèmes d'externalité dans le sens décrit ci-dessus - raréfaction des matières premières -, ce n'est pas vrai pour beaucoup d'autres - pollution des sols, des eaux, des airs et plus spécifiquement réchauffement climatique ou risque nucléaire, ressources communes: biodiversité ou ressources halieutiques.

Intéressons nous plus spécifiquement au réchauffement climatique. Ce qui détermine le niveau du réchauffement climatique, c'est la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et donc la quantité de carbone - et autres gaz à effet de serre que nous traiterons par leurs équivalents carbone ici - que l'on y rejette. Selon certaines études, pour limiter le réchauffement climatique à 1,5-2°C en 2100, il faut que l'humanité rejette dans l'atmosphère moins de 200 à 540 gigatonnes de carbone avant cette date (Millar et al. 2017) (les estimations dépendent fortement des modèles de climat utilisés et des prévisions sur l'utilisation des technologies d'effacement). Les réserves de carbone fossile sont, elles, de 1.000 à 2.000 gigatonnes de carbone (IPCC 2014) (les ressources, plus ou moins improbables et coûteuses à atteindre sont encore bien plus grandes). Ainsi, l'objectif des accords de Paris, visant à sauvegarder une Terre vivable pour l'homme, ne pourra être atteint que si au moins la moitié (mais probablement beaucoup plus) des réserves de carbone fossile restent intouchées. Ainsi, le problème de la rareté des énergies fossiles ne se posera en fait pas (ou alors que trop tard).

On objectera qu'il y a quand même aujourd'hui une recherche ou même une consommation d'énergies alternatives, plus "propres". Nous reviendrons là-dessus mais notons déjà que cette recherche est hautement subventionnée et/ou protégées par les Etats. En outre, les énergies fossiles sont très fortement taxées3 dans les pays qui veulent en limiter la consommation (ce sont d'ailleurs ces actions politiques directes ou indirectes qui ont provoqués les mouvements des bonnets rouges puis des gilets jaunes en France). Nous ne saurons donc attribuer les innovations "vertes" aux seuls bienfaits du capitalisme libéral. Sans toutes les interventions des Etats, le prix des énergies fossiles à la consommation ne reflèteraient absolument pas leur coût social. Vouloir attendre leur rareté pour avoir un effet par les prix est une stratégie théoriquement totalement erronée, confondant, comme nous l'avons vu, la prise en compte de la rareté dans le signal-prix et la non-prise en compte des externalités dans le même signal-prix.

Toujours théoriquement, d'autres aspects du sujet du réchauffement climatique éloignent les mécanismes de marché de l'efficacité. Pour n'en citer que quelques uns: le monopôle ou quasi-monopôle de la Chine (qui ne laisse pas toujours jouer la concurrence entre ses entreprises nationales concernées) sur les terres rares indispensables à la transition énergétique, les coûts fixes importants des recherches pour les hautes technologies nécessaires à cette même transition, la difficulté de prendre en compte les générations futures alors que les acteurs actuels seront morts au moment de payer la facture, l'impossibilité d'évaluer quantitativement les conséquences futures des actions présentes avec l'importance inestimée4 de boucles de rétroaction dans les modèles de climat... Autant d'hypothèses qui ne permettent pas d'appliquer les résultats de la science économique et plus particulièrement du plus important de ses résultats: le premier théorème fondamental du bien-être, ce théorème qui établit l'efficacité des marchés libres.

Scientisme et monde réel

Jusque là, notre critique était interne, c'est-à-dire que l'on a accepté de raisonner dans le cadre de pensée de la vision libérale de la résolution des problèmes écologiques par un mécanisme immanent de rééquilibrage par le marché. Attaquons nous désormais à cette théorie de manière externe, c'est-à-dire en critiquant le cadre de pensée lui-même. Nous ne parlerons pas ici du libéralisme comme position axiologique - donc pas critiquable, par nous en tout cas5 -, mais plutôt sa justification positive par l'efficacité dont il serait porteur.

La première critique est celle de la validité externe des théories économiques sur lesquelles s'appuie cette supposée efficacité. Les hypothèses sous-tendant cette théorie - rationalité des acteurs, disponibilité sans coût des informations pour tous et traitement sans défaut de cette information, atomicité des individus et des firmes, existence de marchés complets avec liquidité infinie sur tous ces marchés... - sont toutes non vérifiées expérimentalement, non plausibles, et même pour certaines complètement farfelues. Et les prédictions faites par ceux qui maîtrisent le mieux cette théorie sont, elles aussi, pour le moins peu convaincantes en général. Pour citer un exemple des plus caricaturaux: quelques mois avant la crise de 2008, Augustin Landier et David Thesmar, deux chercheurs en économie alors parmi les plus reconnus en France, publiaient un livre (Landier and Thesmar 2008) expliquant la capacité de stabilité et de résilience des marchés, en utilisant peu ou prou les mêmes arguments que les auteurs qui expriment leur confiance dans les mêmes marchés pour résoudre la crise écologique aujourd'hui. Quelques mois plus tard avait lieu la crise des subprimes6... Plus généralement, les modèles utilisés pour les prédictions économiques sont pour le moins approximatifs et expérimentaux (Reifschneider and Tulip 2018). Ils ne peuvent par exemple pas comprendre les chocs et les crises sinon en les considérant comme des évènements aléatoires qu'il faut faire tomber du ciel "au hasard". Autre exemple important pour le sujet qui nous intéresse ici: les modèles économiques ne savent pas expliquer ou rationaliser la forte volatilité des cours des matières premières. Ne nous faisons pas mal comprendre: la théorie économique décrite plus haut est utile pour avoir une langue commune et normée, pour raisonner de manière abstraite mais constructive sur un objet - la société et l'ensemble des rapports marchands entre les individus - qui ne doit pas être soustrait du champ de la science. Mais cela ne fait en rien gagner à cette théorie un statut de science. En l'état actuel de la compréhension pratique des choses, faire des prédictions, déclamer des lois générales et jurer que les marchés résoudront seuls la crise écologique est ignorant ou malhonnête.

La seconde critique est celle de l'économisme de la théorie développée par les tenants du capitalisme-sauveur. Par économisme, nous entendons le prisme qui consiste à voir l'ensemble du réel comme une question exclusivement économique. Cette vision réductrice est naïve et trompeuse. Ainsi, la question écologique a beaucoup d'autres dimensions qui rendent caduque la simple attente que les modifications des prix impliquent des changements d'incitations pour les entrepreneurs et inventeurs. Citons quelques autres de ces dimensions. La question écologique est aussi de manière inextricable sociale et politique. Le réchauffement climatique et l'amenuisement des ressources naturelles en cours engendrent des migrations intranationales et internationales très importantes et surtout d'ampleur croissante d'année en année. Ces migrations, qu'elles soient autorisées ou empêchées, engendrent à leur tour des tensions sociales partout où elles se produisent. Ces tensions ont et auront des conséquences politiques inimaginables. Sous nos latitudes par exemple, ces migrations ou menaces de migrations modifient déjà petit à petit le paradigme libéral et démocratique dont on se rend compte qu'après tout il est très récent et sûrement bien plus contingent qu'on ne le pensait (Welzer 2012). Pour un autre exemple, les solutions technologiques qui sont aujourd'hui celles sur lesquelles portent tous les espoirs occidentaux de transition écologique nécessitent des minéraux appelés "terres rares"7. Or ceux-ci pourraient se révéler être plutôt un problème de plus que réellement une solution pour de nombreuses raisons autres qu'économiques: il est très polluant d'extraire ces minéraux (et trop difficile pour le moment de les recycler) mais le marketing, les intérêts privés, le lobbying, les limitations psychologiques et cognitives des utilisateurs finals sont autant de facteurs qui pourraient interdire une transition vraiment écologique et n'entrent pas ou très indirectement dans une vision économique simpliste. Enfin, pour donner un dernier exemple, ces terres rares sont un enjeu géopolitique dont seule la Chine semble avoir pris pleine conscience aujourd'hui. Les interventions de ce pays dont la stratégie géopolitique dominatrice globale est de plus en plus transparente nous éloignent bien loin de simples et indépendantes considérations économiques analysables grâce à quelques notions d'équilibres de marché.

Conclusion

L'humanité fait face à un défi inédit, celui d'une crise écologique majeure et, comme il a été proposé, celui de son entrée dans l'anthropocène, cette ère géologique caractérisée par la présence de l'Homme. Pour sortir de (ou s'adapter à) cette crise, les hommes devront utiliser toutes leurs capacités et notamment leur faculté à analyser et essayer de prévoir rationnellement les conséquences des différentes stratégies qui sont sur la table. L'une de ces stratégies consiste à laisser fonctionner sans amendement les institutions produites à une autre époque, dans un autre environnement. Il est vrai que ces institutions ont montré une efficacité certaine dans le contexte dans lequel elles ont été créées. Mais dans le contexte actuel, cette stratégie n'est justifiée que par, d'une part des raisonnements d'inférences sur des périodes passées de crises de nature ou d'ampleur différentes et, d'autre part, des théories qui ne peuvent prétendre - dans l'état actuel de leur développement - qu'au statut de superstition. Ainsi, croire que la crise écologique sera résolue par la nature spontanément ordonnée des marchés devrait être considéré pour ce que c'est: un acte de foi.

Références

Figueres, F., C. Le Quéré, A. Mahindra, O. Bäte, G. Whiteman, G. Peters, and D. Guan. 2018. “Emissions Are Still Rising: Ramp up the Cuts.” Nature 564 (7734) (December): 27–30. https://doi.org/10.1038/d41586-018-07585-6.

IPCC. 2014. “AR5 Synthesis Report: Climate Change.” https://www.ipcc.ch/report/ar5/syr/.

———. 2018. “Special Report - Global Warming of 1.5°C.” https://www.ipcc.ch/sr15/.

Landier, A., and D. Thesmar. 2008. Le Grand Méchant Marché : Décryptage d’un Fantasme Français. Paris: Flammarion.

Le Quéré, C., R. M. Andrew, P. Friedlingstein, S. Sitch, J. Hauck, J. Pongratz, P. A. Pickers, et al. 2018. “Global Carbon Budget 2018.” Earth System Science Data 10 (4): 2141–2194. https://www.earth-syst-sci-data.net/10/2141/2018/.

Liao, S. M., A. Sandberg, and R. Roache. 2012. “Human Engineering and Climate Change.” Ethics, Policy & Environment 15 (2) (June): 206–221. https://doi.org/10.1080/21550085.2012.685574.

Millar, R. J., J. S. Fuglestvedt, P. Friedlingstein, J. Rogelj, M. J. Grubb, H. D. Matthews, R. B. Skeie, P. M. Forster, D. J. Frame, and M. R. Allen. 2017. “Emission Budgets and Pathways Consistent with Limiting Warming to 1.5°C.” Nature Geoscience 10 (10) (September): 741–747. https://doi.org/10.1038/ngeo3031.

Naess, A. 1973. “The Shallow and the Deep, Long-Range Ecology Movement. a Summary.” Inquiry 16 (1-4) (January): 95–100. https://doi.org/10.1080/00201747308601682.

Pitron, G. 2018. La Guerre Des Métaux Rares : La Face Cachée de La Transition Énergétique Et Numérique. Paris: Éditions Les Liens qui Libèrent.

Reifschneider, D., and P. Tulip. 2018. “Gauging the Uncertainty of the Economic Outlook Using Historical Forecasting Errors: the Federal Reserve’s Approach.” International Journal of Forecasting (October). https://doi.org/10.1016/j.ijforecast.2018.07.016.

Taleb, N. 2017. Jouer Sa Peau : Asymétries Cachées Dans La Vie Quotidienne. Paris: Les Belles Lettres.

Welzer, H. 2012. Climate Wars : Why People Will Be Killed in the Twenty-First Century. Cambridge, UK Malden, MA: Polity Press.


  1. Pour des raisons de simplicité, nous négligeons ici les possibilités de diminuer les stocks de polluants déjà produits. L'analyse des actions de ce type serait identique à celle de la troisième solution décrite dans la suite.

  2. A l'extrême, certains ont suggéré de modifier génétiquement l'Homme pour surmonter la crise écologique (Liao, Sandberg, and Roache 2012).

  3. En 2016, en France, la fiscalité écologique représentait plus de 50 milliards d'euros.

  4. En reprenant la terminologie de Donald Rumsfeld, les modèles économiques peuvent prendre en compte les "known unknowns" mais beaucoup plus difficilement les "unknown unknowns" dont les modèles climatiques regorgent certainement.

  5. Notez que les libéraux ont souvent eux-même évité la possibilité de discuter de leur philosophie sur des bases normatives. C'est ce que signifiait le célèbre slogan de Margareth Thatcher "The is no alternative" des années 1980 auquel répondait le "Un autre monde est possible" du forum social mondial de Porto Alegre (2001). Ou plus tôt, l'analyse plus imagée de Ludwig von Mises "A man who chooses between drinking a glass of milk and a glass of a solution of potassium cyanide does not choose between two beverages; he chooses between life and death. A society that chooses between capitalism and socialism does not choose between two social systems; it chooses between social cooperation and the disintegration of society." (Human Action, Ludwig von Mises, 1949).

  6. Notez que leurs prédictions funestes n'ont eu aucune conséquence pour ces auteurs sinon les encouragements et félicitations des institutions auxquelles ils appartiennent pour participer activement au débat public. Il serait peut-être sain qu'enfin, en vertu du principe - largement étudié en théorie économique - que l'on ne peut pas faire confiance à ceux qui n'ont aucune incitation réelle, on n'écoute, quand ils s'expriment, que ceux des experts qui s'engagent de façon crédible en mettant en jeu, au moins, une partie de leur réputation. Voir à ce propos (Taleb 2017).

  7. Pour une enquête indispensable sur les terres rares, on lira (Pitron 2018).